Cloud Management Platform : quelle stratégie adopter ?

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    Qu’il soit privé, public ou hybride, le Cloud est maintenant une réalité chez la plupart des grandes entreprises. La diversité des technologies qui le composent fait que les DSI doivent exploiter un environnement complexe, s’alignant difficilement avec leurs objectifs de performance. Le Cloud Management Platform (CMP) vise à simplifier cette gestion.

    Le chef d’orchestre multi-cloud et plus encore

    Les CMP sont des solutions logicielles permettant de gérer de manière unifiée et centralisée diverses plateformes de Cloud : publiques, privées ou hybrides, voire mêmes pour certains, les plateformes traditionnelles. Ils apportent une couche d’abstraction au-dessus de ces plateformes, avec lesquelles ils s’interfacent pour les piloter. Automatisation, orchestration du provisioning, répartition de charge et mesure de consommation sont autant de promesses apportées par les CMP.

    Les solutions les plus avancées ne se limitent pas à la simple gestion des infrastructures techniques, mais intègrent également tous les aspects de la fourniture de services : catalogue de services, workflow de validation, facturation…C’est là que le CMP délivre toute sa valeur ajoutée. En rassemblant outils, processus et technologies en un point de pilotage central, il permet de gérer de manière transparente et standardisée toute une panoplie de technologies et fournisseurs sous-jacents.

    Le CMP s’adresse aux DSI qui doivent répondre à des demandes croissantes de services, avec des pics de charge et qui, pour cela, pilotent des infrastructures Cloud complexes. Il répond également à un besoin de simplification de la diversité, à laquelle doivent faire face certaines DSI : celles qui jonglent avec des technologies concurrentes dans leurs Clouds privés et celles qui font appel en sus aux fournisseurs de Cloud public. Le motif financier ne doit pas être un facteur de motivation à l’adoption du CMP. En effet, son implémentation vise surtout des gains en termes de flexibilité opérationnelle : réduction du temps de fourniture de services, simplification des processus de provisioning, gestion centralisée et conformité aux engagements de services.

    Un marché en pleine ébullition, pas encore à maturité

    Selon une étude IDC, le marché des CMP est évalué à 1,8 milliards dollars US avec une croissance de 48,5% par rapport à l’année précédente. Il se développe de plus en plus et connaît une dynamique importante. Pourtant, il est encore immature. Nous ne sommes qu’aux prémices des solutions de Cloud management​​. Les principaux fournisseurs sont encore en train de redéfinir leurs roadmaps technologiques et d’adapter leurs offres actuelles, souvent au travers de fusions-acquisitions.

    Aujourd’hui, le marché se structure principalement autour de trois approches :

    • Éditeurs de solutions d’infrastructures : initialement prévues pour la gestion des plateformes de virtualisation et de systèmes, les solutions ont été enrichies pour gérer des services Cloud (par exemple : VMware vRealize Suite, Microsoft System Center, Red Hat CloudForms)
    • Éditeurs de solutions de gestion des opérations IT : initialement prévues pour la gestion des opérations, les solutions ont été assemblées et enrichies pour des usages Cloud (par exemple : HP Cloud Service Automation + HP Operations Orchestration, IBM SmartCloud Orchestrator, BMC Cloud Lifecycle Management, CA Cloud Manager + CA AppLogic)
    • Éditeurs émergents: solutions développées plus récemment et nativement pour un usage Cloud (par exemple : RightScale Cloud Management, Egenera Cloud Suite)

    VMware, IBM, Microsoft, HP et BMC représentent à eux seuls plus des deux tiers des parts de marché.

    Comment trouver la solution la plus adaptée aux besoins et spécificités de l’entreprise ?

    Au vu de la multiplicité des offres, voici trois critères que nous considérons comme essentiels dans le choix d’une solution CMP.

    Simplicité d’utilisation et ergonomie du portail de self-service

    Le portail doit être personnalisable et intuitif à la fois pour les utilisateurs finaux et les administrateurs. Cet élément favorisera son adoption par ces derniers. Le CMP doit aussi permettre de suivre les demandes de service depuis un portail unifié et d’implémenter des workflows de validation.

    Facilité d’intégration des services « out of the box »

    Les solutions CMP viennent déjà pré-câblées pour l’interfaçage avec les hyperviseurs, les fournisseurs Cloud public et les outils tiers. Cependant, toutes les solutions n’auront pas la même facilité d’intégration ni ne pourront exploiter l’ensemble des fonctionnalités offertes par ces autres produits. Il est donc important de mesurer l’effort d’intégration nécessaire par la DSI pour avoir un service au niveau attendu.

    La DSI devra étudier avec minutie les points suivants : compatibilité avec les hyperviseurs déjà déployés, capacité d’intégration avec les fournisseurs de Cloud public établis, capacité d’intégration avec les solutions tierces existantes (dont ITSM, CMDB…) et enfin capacité de pilotage des infrastructures existantes telles que le stockage, le réseau, etc. (bien que cette intégration soit encore immature).

    Choix d’une solution propriétaire ou open source

    Les solutions propriétaires ont l’avantage d’être plus matures, car basées sur des composants existants et éprouvés, s’intégrant bien avec les outils tiers souvent déjà déployés en entreprise. L’implémentation d’un CMP open source doit s’inscrire dans une stratégie open source plus globale à l’échelle du SI et est favorisée par une expertise et une culture déjà existantes au sein des équipes techniques.

    Une stratégie d’adoption par paliers pour une transformation en douceur de la DSI

    L’intégration d’une solution CMP est un vrai projet de transformation, nécessitant un effort considérable aussi bien au niveau organisationnel que technique. Il est illusoire de prétendre à l’intégration « one-shot » de toutes les fonctionnalités du CMP. La meilleure pratique reste une implémentation par paliers itératifs, en procédant avec les services les plus simples d’abord, selon une roadmap qu’aura définie la DSI. L’on commencera, par exemple, par la mise à disposition de machines virtuelles nues, qui seront petit à petit enrichies jusqu’à atteindre des applications complètes et intégrées pleinement dans le SI.

    Au-delà de la complexité de la mise en œuvre technique, le principal défi est la réorganisation de la DSI autour d’un SI centré sur les services et la consommation. Ainsi, avant même de commencer toute intégration, il est primordial que la DSI arrive à un niveau de maturité suffisant. Pour ce faire, la DSI veillera aux étapes de transformations suivantes :

    • Mise en œuvre d’un catalogue de services unifié de ses divers services Cloud
    • Simplification et optimisation des processus de fournitures de services existants (provisioning, validation des demandes…)
    • Automatisation des services IT qui ne pourront être gérés par le CMP (par exemple : la gestion de la configuration logicielle, qui peut se faire à l’aide d’outils comme Chef, Puppet, CFEngine…)
    • Évolution progressive des différentes équipes techniques (serveurs, réseau, stockage…) pour converger sur des compétences communes et adopter des pratiques, méthodes et outils communs

    Cette stratégie permettra à la DSI de se préparer de façon graduelle à la transformation, d’en bénéficier au fur et à mesure, tout en observant les évolutions d’un marché très dynamique afin d’arrêter son choix.